Idées reçues sur les familles monoparentales
Malgré la part croissante des familles monoparentales dans la population française, elles ne sont toujours pas considérées comme des familles « comme les autres ». Issues pour partie du XIXe siècle, les représentations archétypales demeurent, largement nourries par des figures antagonistes : « veuve éplorée » versus « veuve joyeuse », pauvre fille abandonnée versus « célibattante », « mère-courage » versus « mère assistée »…
Des stigmates persistants structurent ainsi les représentations sociales et façonnent l’expérience qu’en font concrètement les parents en situation de monoparentalité – en grande majorité des femmes. Ces représentations stéréotypées, nourries d’idées reçues que l’ouvrage s’attache à déconstruire, trouvent également leur traduction dans des politiques publiques qui peinent à réduire les inégalités auxquelles ces pères, ces mères et leurs enfants sont encore aujourd’hui exposés.
Marie-Clémence Le Pape est sociologue, maîtresse de conférences à l’université Lumière Lyon 2, collaboratrice scientifique auprès du bureau Jeunesse et famille de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques).
Clémence Helfter est sociologue de formation, chargée de recherche et d’évaluation à la Direction des statistiques, des études et de la recherche de la Cnaf (Caisse nationale des Allocations familiales).
Contributeurs·trices : Émilie Biland, Hana Bouhired Lacheraf, Béatrice Bouillon, Catherine Collombet, Chloé Courtot, Fiona Friedli, Solenne Jouanneau, Oriane Lanseman, Nadine Lefaucheur, Margot Lenouvel, Agnès Martial, Claude Martin, Antoine Math, Muriel Mille, Marianne Modak, Louise Protar, Antoine Rivière, Carla Robison, Gabrielle Schütz, Hélène Steinmetz.
2e édition revue et augmentée
Sommaire
Préface à la nouvelle édition –
Mieux diffuser les connaissances sur la monoparentalité pour en finir avec les idées reçues
Introduction
– Figures et stigmates de la monoparentalité : des représentations polarisées
Des familles pas comme les autres ?
« Les filles-mères sont des pauvres filles. » (Antoine Rivière)
« Les filles-mères sont des personnages tragiques. » (Carla Robison)
« Avoir un enfant seule n’est pas un choix. » (Margot Lenouvel)
« Dans une famille monoparentale, il y a un seul parent. » (Marie-Clémence Le Pape, Marianne Modak et Louise Protar)
« La monoparentalité a des conséquences négatives sur le bien-être des enfants. » (Claude Martin)
« Avoir un enfant en situation de handicap expose davantage à devoir l’élever seule. » (Chloé Courtot)
« Les pères seuls ne savent pas s’occuper de leurs enfants. » (Agnès Martial)
« En outre-mer, nombreux sont les pères qui fuient leurs responsabilités parentales. » (Nadine Lefaucheur)
« Les mères seules sont pauvres car elles ne travaillent pas. » (Oriane Lanseman)
Des familles traitées différemment ?
« Les familles monoparentales sont les grandes oubliées des politiques publiques. » (Catherine Collombet et Antoine Math)
« Se déclarer seul·e est une stratégie pour toucher les allocations. » (Hana Bouhired Lacheraf)
« Les mères seules ne font pas garder leurs enfants. » (Catherine Collombet et Clémence Helfter)
« Les pensions alimentaires profitent aux femmes. » (Émilie Biland)
« Les juges favorisent toujours les mères. » (Muriel Mille, Gabrielle Schütz et Hélène Steinmetz)
« En cas de violences conjugales, les femmes seules et les enfants d’abord ! » (Solenne Jouanneau)
« La voix des familles monoparentales porte peu. » (Fiona Friedli)
« Les mères seules ne s’intéressent pas à la politique. » (Béatrice Bouillon)
Conclusion – Penser la monoparentalité comme un continuum
